Guido Molinari

Un peintre « fou de la couleur »

Recherche et rédaction par Johanne Gaudet

Les peintures de Guido Molinari sont reconnaissables entre toutes, notamment celles aux larges bandes verticales colorées intitulées Mutation rythmique bleu-jaune, Sériel ocre-rose ou encore, Série rouge et Mutation mathématique vert-ocre. Cette ode à la couleur et à la géométrie exprime l’exploration de l’artiste sur le traitement de la couleur, sur la dynamique entre les couleurs et le magnétisme que cette dynamique exerce sur le spectateur.

Guido Molinari est l’un des peintres québécois qui a le plus contribué à la recherche esthétique en arts visuels, ce qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs et du public et la renommée internationale.

Parcours

Né à Montréal en 1933, Guido Molinari s’inscrit à des cours du soir en arts, dès l’âge de 15 ans. L’artiste en lui bouillonne si fort qu’il ne termine pas sa formation académique. Il entreprend plutôt sa démarche créatrice de façon autodidacte et expose ses premiers tableaux en 1953.  Sa peinture est résolument abstraite, inspirée par les artistes Mondrian, Malevitch et Pollock dont il observe les tableaux pour comprendre leurs structures picturales et le traitement de la couleur.

Rebelle, libre penseur et maître de son art, Guido Molinari ouvre sa propre galerie en 1955, l’Actuelle, et participe à la fondation de l’Association des artistes non-figuratifs de Montréal, en 1956. Très vite, il s’affirme comme le chef de file du mouvement plasticien montréalais.

Le projet artistique de Guido Molinari s’articule autour d’une recherche constante sur les couleurs et leur interaction, sur le magnétisme que ses tableaux exercent sur le spectateur et l’expérience émotive qui s’ensuit. C’est ainsi qu’il crée des peintures sérielles faites de bandes de couleur (années 1960), puis des peintures en damiers et avec des formes triangulaires (années 1970), et plus tard il réalise des installations murales et des tableaux monochromes de grand format.

Les expositions auxquelles Guido Molinari a participé sont légion, des centaines partout au Canada, aux Etats-Unis et en Europe. Les musées canadiens lui ont consacré deux rétrospectives importantes, l’une en 1976 à la Galerie nationale du Canada, l’autre en 1995, au Musée d’art contemporain de Montréal.  Le Québec lui a rendu hommage en 1980 en lui remettant le Prix Paul-Émile-Borduas pour l’ensemble de son oeuvre. Et c’est sans compter les hommages de l’Université Concordia où il a enseigné pendant 27 ans et formé des étudiants dont plusieurs sont devenus des artistes réputés, notamment Jocelyne Allouchérie et Marc Séguin.

Guido Molinari est décédé en février 2004. Il a légué à la population montréalaise sa résidence/atelier qui héberge la Fondation Guido Molinari, dont la mission est de documenter la vie et l’œuvre de l’artiste mais également d’offrir un lieu pour la tenue d’événements culturels et des résidences d’artistes. 

 

Ce qu’ils ont dit de lui …

James D. Campbell, critique d’art, essayiste et commissaire d’expositions :

« … Guido Molinari a créé, dans un vocabulaire qui lui est propre, des tableaux qui importent, qui posent de façon aiguë le problème de la perception entre le sujet vivant et le monde vécu. C’est pour cette raison que Molinari figure maintenant au nombre des plus grands artistes de la fin du vingtième siècle. » (CAMPBELL)

Éric Devlin, historien de l’art et galeriste :

« … Ce qui fait la puisance de Molinari, c’est qu’il introduit un désordre dans l’ordre, ce n’est pas une rythmique prévisible. Il a cette liberté que les artistes de l'art concret ne se permettaient pas [dans les années 1950). C’est là le grand apport de Molinari. » (DOYON)

Gilles Daigneault, historien de l’art et directeur de la Fondation Guido Molinari :

« … pour tous ceux qui l’ont approché, « Moli » demeure le « théoricien du molinarisme », comme il se définissait lui-même en 1954 avec un demi-sourire et, soixante ans plus tard, on comprend mieux qu’il ne s’agissait pas là d’un mouvement pictural parmi d’autres, mais d’une façon de vivre pleinement tout en étant artiste. Tout simplement. » (DAIGNEAULT, 2004)

 

Sources

CAMPBELL, James, « Guido Molinari : le peintre-paradigme », Vie des arts, vol. 33, no 131, juin-juillet 1988, p.44-48.

DELGADO, Jérôme, « L’Actuelle 1955-1957. Une aventure plus que picaresque », Le Devoir, 11 mars 2016.

DOYON, Frédérique, « Guido Molinari, 1933-2004. Essentiellement libre », Le Devoir, 23 février 2004.

DAIGNEAULT, Gilles, « Hommage à Guido Molinari »,  21 février 2004, repéré à www.fondationguidomolinari.org le 10 avril 2017.

DAIGNEAULT, Gilles, « Molinari, Guido, Prix Paul-Émile-Borduas 1980 ». Les Prix du Québec repéré à www.prixduquebec.gouv.qc.ca, le 10 avril 2017

« Exposition : Les Plasticiens et les années 1950-1960 ». Exposition au Musée national des beaux-arts du Québec, du 7 février au 12 mai 2013, repéré à www.mnbaq.org , le 10 avril 2017

Moli Qui? Molinari l’énigme. Vidéoclips no. 2 et no. 3, production WebPilon, 2016 www.guidomolinari.com

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