Miyoki Tanobe

Peintre de la vie quotidienne

Recherche et rédaction par Johanne Gaudet

Miyoki Tanobe est née à Morioka, au Japon. Elle étudie la peinture avec les plus grands maîtres qui lui enseignent la technique du nihonga. Après un séjour d’études à Paris au début des années 1960, elle revient au Japon où elle évolue comme professeure et artiste peintre.

C'est en 1971 qu’elle vient s’établir à Montréal avec son mari, le marchand d’art Maurice Savignac. Miyoki Tanobe a un coup de foudre pour les quartiers populaires de Montréal et elle entreprend de dépeindre la vie de ces quartiers avec humour et souci du détail. Ses tableaux sont des instantanés de ce qui anime le quotidien des Montréalais : les dépanneurs et leurs vitrines colorés, les enfants qui jouent dans la neige ou au hockey, le métro bondé, les fêtes de quartier.

Québécoise d’adoption, Miyuki Tanobe a rapidement conquis le cœur des Québécois par ses œuvres colorées et pleines de vie, proches du style documentaire comme le font les peintres naïfs. Elle a participé à un grand nombre d’expositions individuelles et collectives et ses oeuvres font partie des collections prestigieuses des grands musées et des entreprises.

Elle a reçu plusieurs prix et distinctions parmi lesquelles l’Ordre du Canada et l’Ordre national du Québec.

Parcours

Miyoki Tanobe est né au Japon en 1937. Son prénom signifie neige profonde car elle est née un jour de grande tempête, mais la poésie s’arrête là car son enfance est marquée par la guerre, la privation, l’incertitude. 

Les valeurs de son époque freinent ses aspirations, car on refuse aux femmes de mener une carrière, surtout s’il s’agit d’une carrière d’artiste. Toutefois, Miyuki a la chance d’avoir une famille favorable aux arts, ce qui lui permet d’étudier le dessin et la peinture avec les plus grands maîtres; elle peut même rêver à une carrière d’artiste peintre.

Elle étudie à l’université de Tokyo où elle est initiée à la technique du nihonga par le maître incontesté de cette pratique, Seison Maida. Cette technique unique est basée sur l’emploi de la peinture broyée à la main, liée avec de la colle et appliquée avec le pinceau et l’eau. Elle étudie également à Paris au début des années 1960, puis retourne au Japon pour y enseigner la peinture.

Elle immigre à Montréal en 1971, pour accompagner et vivre avec le marchand d’art Maurice Savignac. Son style unique touche le cœur des gens et rapidement, les Québécois l’adoptent.

Poésie documentaire

Dès son arrivée au Québec, Miyuki Tanobe a le coup de foudre pour les quartiers populaires de Montréal. Alors que d’autres choisissent la photographie pour dépeindre la vie urbaine, elle choisit la peinture documentaire pour témoigner des coutumes de vie des petites gens. Ses tableaux présentent des scènes de vie urbaine avec moult détails : églises, épiceries, dépanneurs, vieilles maisons à lucarnes avec six entrées et quatre escaliers extérieurs.

Tous ces décors de rue éclatent de vie sous l’œil de Tanobe. Ses compositions jouent avec les effets de zoom, et de plongée/contre-plongée; ses couleurs sont contrastées, multiples, taquines;  son sens de l’observation transmet une vraie pulsation aux ruelles, au voisinage, au dépanneur du coin. Le Montréal de Tanobe décrit avec poésie et fantaisie les gens qui y vivent, jeunes, vieux, solitaires, amoureux, immigrants, fatigués au retour du travail, enjoués lors d’une partie de hockey ou célébrant l’été indien par un pique-nique sur le Mont-Royal.

L’œuvre de Miyoki Tanobe compte également des affiches et des sérigraphies, des illustrations de livres, dont Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy. L’artiste a reçu de nombreux prix et hommages notamment de l’Académie royale des arts du Canada, de l’Ordre nationale du Québec et de l’Ordre du Canada.

 

Ce qu’ils ont dit d’elle …

Léo Rosshandler, historien de l’art et critique d’art :

« … Tanobe, par instinct poétique, par un sens d’observation aigu qui coule dans ses veines et, il faut bien le dire, par son immense talent, est ce témoin du Montréal d’aujourd’hui. Son réalisme n’est cependant pas un réalisme mécanique…Celui qui voit le tableau fini, par exemple un coin de la rue Visitation, jurerait qu’il connaît l’endroit, mais il aurait beaucoup de mal à le repérer. Le mystère de Tanobe est ce don du déjà vu. »

Emmanuelle Hébert, artiste et cofondatrice de MU :

« Cette murale a le potentiel de devenir une référence internationale à la hauteur de l’ensemble du legs de cette gande artiste. Les Montréalais se reconnaissent tous dans l’imagerie vernaculaire des œuvres de Mme Tanobe. »

 

Sources

HÉBERT, Emmanuelle, « La série Les bâtisseurs culturels montréalais. Nouvelle murale hommage à Miyuki Tanobe », Canada NewsWire, 11 octobre 2012.

ROSSHANDLER, Léo, « Montréal à l’heure du Japon : La peinture de Miyoki Tanobe », Vie des arts, vol. 20, no. 82, printemps 1976, p. 50-51.

 

Notes biographiques sur l‘artiste repérées sur les sites suivants :

Galerievalentin.com

Michel-ange.net

Vidéos sur l’artiste repérées sur les sites suivants :

Ce monde éphémère-Miyuki Tanobe, réalisation : Ian Rankin, Stephan Syeinhouse, Marc F. Voizard, production : Office national du film du Canada, 1979, 26 min.

Biographies
d’artistes muséaux

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Miyoki Tanobe

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