Après 1945, la peinture moderne se développe aux États-Unis et des figures monumentales telles que Jackson Pollock, Kenneth Noland et Morris Louis occupent la scène artistique. Deux termes opposés reviennent régulièrement dans les discours des critiques les plus influents de l’époque : painterly et optical. Certains célèbrent l’aspect painterly , ou pictural, des œuvres de Jackson Pollock et de Willem de Kooning, qui proposent une accumulation d’empâtements et des jeux de matière.

D’autres exaltent la planéité des minces plages de couleurs de Mark Rothko et de Barnett Newman, qui créent un espace faisant purement appel à l’optique. Si l’on accepte l’idée que la planéité est l’unique spécificité propre au médium de la peinture, un art tactile et en relief s’éloignant de la « pureté » du médium perd-il de sa valeur?
Dans cette exposition, soixante ans après le début de ce débat idéologique, nous vous proposons d’assister à cette dualité entre la matérialité et la planéité de la peinture, entre son aspect tactile et son aspect purement visuel.